
« Peut-être qu’on ne se le dit pas. Peut-être qu’il faut juste rester silencieux, regarder l’autre s’éloigner et faire comme si. Comme si rien n’avait jamais compté, comme si c’était satisfaisant de consacrer notre vie à des futilités. Et moi je ferai comme si. Comme si je n’étais pas faible, comme si j’étais indifférente alors qu’avec toi je n’ai jamais su l’être. »
« Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie. »
« Au fond, s’aimer, se détruire c’est du pareil au même. Un putain de jeu dans lequel on se complaît à jouer naïvement le rôle d’un fantôme en devenir »
« On rêve d’un idéal, on le prie, on l’appelle, on le guette, et puis le jour où il se dessine, on découvre la peur de le vivre, celle de ne pas être à la hauteur de ses propres rêves, celle encore de les marier à une réalité dont on devient responsable.»
« Si je devais ne jamais te rencontrer, fais qu’au moins, je sente le manque de toi. »
Cet article ne sera pas comme les autres. J’ai toujours pensé que faire une présentation personnelle pour un blog était un acte complètement stupide, puisque l’on ne laissait entrevoir qu’une part infime et souvent inexacte de nous même.
Quoi de plus dur que de se dévoiler en 10 lignes forcées, que l’on enjolive souvent avec une légèreté et un humour douteux pour cacher notre gène ? Au final, on finit soit par mentir, soit par déblatérer des stupidités. Dans le meilleur cas, on laisse entrevoir quelques bribes, et ce que l’on présente aux yeux des lecteurs se charge du reste, par la suite.
Dans mon cas, j’ai passé 4 ans a dévoiler mes sentiments sous une tonne d’apparats poétique, exposant les conséquences tout en gardant précieusement sous le voile les faits, les raisons, pour au final garder mon identité ainsi que mon histoire secrètes. Si ces constatations pour le moins amères s’exposaient uniquement sur ce blog, je n’en aurais que faire.
Mais après pratiquement 19 années à me murer dans un mutisme placide, je crois qu’il est grand temps de balayer les masques.
Mes premiers battements de paupières on eut lieu un certain mardi 1er octobre 1991. Mais mon histoire commence bien avant cette date.
Je ne connais de cette période, que ce que mes parents ont bien voulu me rapporter, n’ayant pas eue l’opportunité comme mon frère de vivre deux ans supplémentaires et salvateurs.
Mon frère et moi n’étions pas les seuls enfants de mon père. Nous étions son futur, et nous devions faire face à son passé sans qu’il nous en laisse réellement le choix. Nous étions sa bouée de sauvetage, particulièrement attendue. J’aimerais dire, que nous avions, moi et mon frère, été attendus de façon parfaitement égale, mais la encore je mentirais.
Si je n’avais pas été une fille, tout aurait été différent.
Je n’aurais jamais été la principale rivale de mon frère durant toute son existence. Hegel et sa « lutte à mort » pour la reconnaissance. Si je n’avais pas été sa fille, rien de ce qui va suivre ne se serait arrivé. Mais si il y a bien une chose que j’ai retenue dans l’histoire, c’est que l’histoire justement, choisie parfois pour nous.
Mon père avait coupé les ponts avec sa famille le jour de ses 18 ans, voulant faire des études de Pharmacie. Il avait un frère, et deux sœurs n’ayant jamais fait d’études. Il n’avait jamais apprécié son frère Marc et sa plus jeune sœur, Claudie. Mais pour ce qui était de Patricia, là, c’était tout autre chose.
Patrick et Patricia. Patricia et Patrick.
Patricia était l’alter ego féminin de mon père. Si ils n’avait pas 2 ans d’écart on aurait facilement pu croire qu’ils étaient jumeaux. En tout cas, ils se comportaient comme tels. Patricia était Belle. Patricia rêvait d’indépendance, mue par des valeurs qu’elle se souciait toujours de respecter. Intelligente, forte, fortement intéressée par l’art, Patricia rêvait de voyager et de se construire une vie unique ou elle verrait enfin son sens. Patricia ne connaissait pas l’amour, mais enviait la passion. Patricia ne se laissait jamais commander par sa mère, et faisait front avec lui envers et contre tout. Patricia était son oxygène.
Et il lui en fallait, de l’oxygène, puisqu’il était devenu la troisième roue du carrosse entre ma grand-mère et mon grand père, ceux-ci ne s’étant jamais aimés. Ma grand-mère, complotait chaque jour pour trouver un moyen de faire crever mon grand père pour toucher l’assurance vie, et partir. Mon grand père, fumeur, alcoolique et libertin (jusqu’à ce qu’il n’ait plus les attributs physique pour l’être) se contentait de dépérir lentement et de fuir cette femme qui empoisonnait littéralement sa vie.
Les 4 enfants, étaient devenus l’arme ultime de ma grand-mère contre son maris, à une échelle différente pour tous. Mon père, était l’enfant le plus aimé de mon grand père, il était donc aussi haïs par sa mère par conséquent. Patricia, jouait le rôle de l’oie blanche. Marc et Claudie avaient noués une relation fusionnelle avec leur mère, si bien que celle si ne les a jamais laissé partir.
Mais un maillon de moins dans la chaîne fait souvent tout éclater.
Le désir de connaissance et l’acharnement de mon père lui avaient mis à dos toute la famille en moins de temps qu’il ne faut pour le dire. Si mon père était resté avec sa première femme, il aurait peut être eu une chance de sauvegarder sa place dans la famille. Mais plus le temps passait, plus celle si devenait instable psychologiquement, ajoutant à cela des embrouilles judiciaires de plus en plus fréquentes.
L’entourage de sa première femme, tout comme celle-ci, en étaient l’exemple parfait : son frère était impliqué dans une affaire de meurtre soigneusement étouffée dans laquelle on avait fait ressortir l’aspect accidentel et elle, avait distribué des « médicaments » a un certain nombre de drogués en manque. Mais les relations avec le juge du coin sont toujours utiles…
Tout était secret dans la famille et en même temps rien ne l’était. Les magouilles des uns étaient confondues avec celles des autres, poussant à son paroxysme la révulsion de mon père. J’aurais voulu dire que mon père était parti à ce moment la. Mais lui en a fallu plus, beaucoup plus.
Je ne sais plus l’année ou cela est arrivé, mais un jour c’est arrivé. Patricia, s’est suicidée dans son chalet des Alpes, laissant sa petite fille Stéphanie atteinte d’une maladie cardiaque ainsi que son maris avec qui elle avait vécu une passion destructrice pendant des années. Patricia, sa seule attache venait de s’envoler. Si mes grands parents l’avaient haïe pour être partie à l’aventure très tôt, sa mort leur fit un effroyable choc. Ils ne s’en sont d’ailleurs jamais remis. Et même si il ne le dira jamais, mon père non plus.
Il est partit, définitivement sans aucun regard en arrière, laissant sa première femme ainsi que ses enfants qu’elle avait depuis longtemps jetés dans les griffes de ma grand-mère. Il est devenu du jour au lendemain le paria, le traître de la famille. Le responsable de la mort de la belle et aimante Patricia, qu’ils avaient érigée en déesse du jour au lendemain. De la haine à l’amour, il faut croire qu’il n’y a qu’un pas.
Mon père est partit, et a rencontré ma mère. Mon frère est né. Chaque jour, ils vivaient sous une pluie de menace de morts, d’insultes, d’assignation en justices basées sur des affirmations frauduleuses, harcelés par téléphone, par lettre et part tout les moyens venant en leur possession.
Et puis, un jour, ma mère est tombée de nouveau enceinte. De moi. Une petite fille. Innocente. Qui ravivait déjà le souvenir d’une autre, qui avait été perdue…
Si ma famille maternelle ne se décimait pas à mesure des cancers, hydrocutions, folies, et autres overdoses (même si mon oncle, lui, avait juste finit par disparaître de la circulation à force d’être totalement accro à l’héroïne) j’aurais peut être eu une bouée de sauvetage à laquelle me raccrocher face aux évènements qui ont marqués le début de ma vie. Parce que malgré la mort et les multiples drogues consommées par ci par la, certaines personnes de ma famille maternelle étaient des gens biens. Mon grand père (ou plutôt mon troisième grand père puisque les deux premiers étaient morts du cancer du pancréas, étant trop portés sur le vin rouge), a d’ailleurs été le seul que je n’ai jamais eu.
Je devais avoir 2 ans, lorsque je l’ai vu pour la dernière fois, et malheureusement il ne me reste plus que ce souvenir de lui. Jean Leroy, c’était son nom. J’étais assise confortablement dans la voiture admirant le levé du soleil sur la plage du vieux Village breton que l’on traversait pour aller leur rendre visite, à Briec. Je me souviens du moment ou la voiture c’est arrêté devant la maison. Une énorme maison où l’on devait emprunter un escalier pour arriver dans la petite pièce servant d’entrée. Les murs de cette pièce était marron. Ou peut être est ce mon esprit, qui, malgré le soin avec lequel je protège cet unique souvenir, s’effiloche avec le temps. 17 ans maintenant. Cet escalier me fascinait, j’avais l’impression de monter au ciel, que cette maison était le paradis, mais sur terre.
Je me souviens d’être descendue de la voiture avec empressement, de ma course folle jusqu’à la porte que j’avais peine à ouvrir, la poignée étant toujours trop haute. De chaque sensation qui m’a parcourue quand je me suis jetée dans les bras de mon grand père qui m’attendait, les bras grands ouverts et souriant. Je me souviens de l’air qui fouettait sur mon visage lorsqu’il me faisait tourner en l’air sur le coup de la joie. De son rire. De ses grandes mains, rendues rugueuses par le temps et pourtant si douces. De tout l’amour et la sécurité qui émanait de ce corps. De la force qu’il m’inspirait. Je me souviens de la manière dont il m’ébouriffait les cheveux, avant de me tendre le paquet de carambar au caramel. Je me souviens du temps que je passais dans la chambre de mon oncle avec mon frère. Mon oncle qui avait décidé de nous apprendre la guitare, en parfait marginal avec ses longs cheveux bruns ondulés lui retombant sur les épaules.
C’était avant que mon grand père ne succombe à un cancer du pancréas suite à une vie trop dure que j’ignorais il y à encore quelques années. Que mon grand père est été pédophile suite à une enfance désastreuse était une chose que j’avais du mal à accepter, étant donné la personne que j’avais connue. Mais ce que je n’ai jamais supporté c’était la manie des autres de toujours me demander « il ne t’a pas touchée anormalement ? » et ce climat de suspicion qui régnait toujours. C’était aussi avant que mon oncle soit chassé de la maison après avoir fugué parce qu’il lui manquait sa dose. C’était avant que tout ne s’efface.
Je ne les ai plus jamais revus.
Eux, ainsi que tout les autres. La plupart sont morts.
Ceux qui ne le sont pas, ne m’ont pratiquement pas connue. On peut les compter sur les doigts d’une seule main.
Lorsque ma famille paternelle a appris ma future existence, leurs attaques ont tout simplement cessées pendant quelques mois, tout perturbés qu’ils étaient.
Et puis, elle est intervenue, scellant mon avenir.
Ma grande tante, ou quelque chose comme ça. Pierrette. Une ancêtre, avec plus de rides que je n’en avais de cheveux et la sagesse qui les accompagnaient. La sénilité aussi, malheureusement.
Mot d’ordre « Une petite fille va naître, laisser lui une chance de connaître sa famille, laissez lui une chance d’en avoir une »
C’était beau, c’était bien tourné, et ça aurait presque pu marché si ce n’était pas de ma famille qu’on parlait. Mais la bonté d’âme de ma grande tante ne pouvait lui laisser envisager les conneries qu’ils allaient faire par la suite, et quand elle a essayé de me tirer du merdier dans laquelle elle m’avait fourrée, c’était déjà trop tard pour moi.
Mon père a mis plus de 3 ans avant d’accepter. Je me souviens d’un samedis alors que ma première année de maternelle venait tout juste de commencée ou l’on m’avait habillée d’une belle robe et de beaux souliers pour aller leur rendre visite. La première année, ils nous faisaient même des cadeaux, à moi et mon frère, et tâchaient de bien s’entendre avec nos parents malgré les appréhensions de ceux-ci. Je ne me souviens pas de cette période. Ce dont je me souviens, c’est de la première fois ou j’ai vu le regard de ma grand-mère changer.
Pour se transformer en ignorance.
Mon frère, lui avait trouvé refuge dans les yeux de mon demi frère et de ma cousine. Moi, j’étais irrémédiablement seule, ceux-ci ne m’accordant pas la moindre parcelle d’attention. Je passais mes journées à errer dans la maison, me sentant transparente, invisible sauf dans les yeux des animaux domestiques avec qui j’ai d’ailleurs partagé la plus grande partie de mon enfance. Je me souviens des journées entières passées par dépit dans le couloir sombre menant du salon au jardin ainsi que dans la cage d’escalier, tout aussi sombre. Je n’existais pas. On me bousculait sans me voir, on ne me parlait pas, ne me regardait pas. J’étais devenue invisible. Complètement invisible, pour ceux que moi j’aimais, invisible même pour mes propres parents. Si ma mère savait se rendre présente une fois éloignés d’eux, elle ne voyait pas le gouffre dans lequel j’étais déjà en train de tomber. Quand à mon père, je ne le voyais que 2 à 3 fois par mois, puisqu’il travaillait dans le commerce international de matériel chirurgical, après être passé par la case chirurgien laissant de côté la pharmacie. Moi, je me renfermais, petit à petit. Je me renfermais dans un monde à part, je passais mes journées à errer dehors, sans but, en me projetant dans un univers fantastique que j’avais créer de toute pièce ou j’incarnais un personnage presque parfait qui se battait pendant la moitié de sa vie avant de vivre un bonheur sans nom, chérie par sa famille qu’elle avait sauvée des griffes de la mort. Aimée, par son compagnon. Et peu à peu, je m’effaçais moi-même sous la souffrance provoquée par la distance entre ce monde et le mien. Entre la reconnaissance et l’inexistence. Entre l’absence et la présence d’une famille aimante sur laquelle on peut se reposer.
Je n’étais plus que l’ombre d’une petite fille, fragile, et torturée.
Et puis un jour lorsque je suis allée rendre visite a ma famille, tout à basculer pour moi. Pour la première fois, j’ai été l’objet de tous les regards. Il a suffit que son prénom soit prononcé.
Patricia.
Outre le fait de rappeler le souvenir d’une fille suicidée perdue trop tôt, j’avais sans le vouloir fait bien pire. J’avais, sans le vouloir, éclaté toute perspective de réconciliation entre mon père et sa famille. J’étais coupable du pire crime qui puisse exister sur terre : Je lui ressemblais. Traits pour traits. J’avais les mêmes yeux bleus, le même visage, les mêmes cheveux, le même regard. Et comble de l’horreur, j’avais aussi hérité de son caractère. Le même désir d’indépendance, les mêmes valeurs, le même attrait pour l’art.
Et du jour au lendemain, la ressemblance est devenue identification.
Dans mes traits, ils la voyaient elle, dans mes yeux, ils la voyaient elle, dans mes paroles, mes actes, mes soupirs, mes battements de cils, mes mimiques, au plus profond de mon être. Je n’étais plus moi, j’étais elle. Je ne valais rien en étant moi, mais je valais tout en étant elle. Du jour au lendemain, je suis devenue la figure même d’une morte. Une morte qui avait pris possession de moi, une morte qui à leurs yeux avait plus d’importance qu’une gamine innocente et vivante qui ne demandait qu’à les aimer. Je n’étais plus vivante, j’étais morte. Je n’étais plus moi, j’étais un fantôme. Je n’étais plus que moi j’étais aussi elle. Je suis devenue moi et elle.
Coupée en deux, définitivement. Irrémédiablement. Identifiée comme telle. J’étais une contradiction à l’état pure, un oxymore, j’étais moi et en face de moi, j’étais elle. Une partie vivante, une autre qui, à partir de ce moment, la venait de sombrer.
Mon propre père, n’arrivait pas lui-même à me voir, à travers de sa vision à elle. Elle qui était tout pour lui.
Je ne savais plus qui j’étais. Nos prénoms se mélangeaient. Marianne Patricia, Patricia, Marianne. Tellement éloigné et tellement proche. Je crois que c’est à se moment la que j’ai commencé à haïr mon propre prénom, et à haïr la part de moi qu’elle s’était appropriée.
Un jour, ma grande tante et mes parents ont pris conscience du problème. Mais c’était trop tard pour moi, les dégâts étaient déjà trop importants.
Ils ont décidés de prendre leur distance vis-à-vis de ma famille réduisant le nombre de visite par an puis, par année. Puis, l’année de mes 9 ans ils ont fait une exception : ma tante, Claudie.
J’ai passé deux semaines avec elle. Deux semaines qui je crois, m’ont sauvée. Qui, tout du moins, ont permis d’éviter le pire. Durant ces deux semaines passées avec elle, j’ai su que c’était moi qu’elle regardait. Deux semaines pendant lesquelles elle m’a appréhendée, approchée tout doucement pour finir par se faire une place. Si pour mon frère, ces deux semaines ont étés horrible, du fait qu’il ne trouvait aucune complicité avec elle et qu’elle lui attribuait des tâches plus pénibles que les miennes par son âge et son sexe, pour moi, ces deux semaines ont été une véritable parenthèse dans ma vie.
Pour la première fois, j’ai eu ma part d’enfance.
Deux semaines qui se sont soldées par une sortie à Walt Disney, la première et la dernière. Je n’ai jamais voulu y retourner. Je savais d’avance que tout me paraîtrait vide de sens, si ce n’était pas avec elle.
Mais la proximité affective dans lequel elle se trouvait avec ma grand-mère ainsi que les relations de plus en plus tendus que ma famille entretenait avec mes parents ont sonné le glas de l’accord pour laquelle ma grande tante s’était battue. Sous jacent : l’idée défendue corps et âme par ma famille selon laquelle mon père, par pur égoïsme, voulait encore une fois me garder pour lui. Jalousie. Je crois que c’est la seule et unique fois ou je l’ai vue avoir peur pour sa fille.
Nous les avons revus une dernière fois, alors que je venais d’atteindre ma dixième année. Ils étaient froids, fermés, et nous faisaient peur à moi et à mon frère. C’était la première fois ou j’ai porté un masque cachant mes émotions réelles. Je me suis comportée comme avec des étrangers, ne supportant pas leur regard face à moi. J’avais laissé pousser mes cheveux pour essayer de créer une différence. Mais c’était peine perdue, long ou pas, j’étais toujours son portrait craché. Je me suis comportée comme avec des étrangers, et ce, même avec elle. Claudie. A vrai dire, je faisais mon possible pour ne pas la regarder, et j’ai été la première à me réfugier dans ma chambre, suivie plus tard par mon frère qui tentait de capter l’attention de mon demi frère, qu’il avait toujours admiré.
Et puis, nous avons rompus tout contact. Cela n’avais jamais été clairement prononcé, pourtant je savais que je devais les considérés comme morts. Comme si ils n’avaient jamais existés. Mon père, a fait le choix de nous éloigner définitivement, en nous faisant changer de région, en changeant les numéros de téléphone et en ne donnant pas notre adresse. A partir de cet instant, la famille, c’était mes parents, mon frère et moi. Il n’y avait rien d’autres, ils n’avaient jamais existés. Elle non plus. Enfin, il cherchait à s’en convaincre. Il, ne supportais pas que l’on fasse référence à eux. 9 ans ont passés, dans le silence et le tabou.
9 ans pendant lesquels je surprenais parfois des conversations sur l’état de ma cousine, SA fille, atteinte d’une maladie cardiaque qui s’empirait années après années. Ou la fois ou ma grand-mère a fait une crise cardiaque et a été admise à l’hôpital. Ou quand mon demi frère s’est marié et à attendu que sa femme accouche pour prévenir mon père, soit deux ans après, l‘exhortant de reprendre contact avec la famille.
Mais je ne les aie jamais revus.
Et puis cette année, en décembre, mon frère a reçu un appel de ma tante. Je l’ai jalousé, pendant un mois parce qu’il avait eu une dernière occasion de lui parlé, occasion dont il n’avait pas profité. Je n’ai jamais su de quoi ils avaient parlé. Et durant deux semaines, il l’a caché à mes parents, qui eux, me l’ont caché jusqu’au bout. Deux semaines après cet appel, ma tante faisait une crise cardiaque. Elle avait 46 ans. N’avait jamais eu de relation sérieuse, encore moins d’enfants. Elle était toujours restée sous la coupe de ma grand-mère. Une semaine après, j’ai appris que ma famille avait engagé un détective privé pour nous retrouver, ce qu’il avait fait.
Je ne me sentais plus en sécurité. Je sentais le gouffre, refermé par les 9 ans de dénis se rouvrir sous mes pieds. Les noms ressurgissaient. Tous les noms…
En rentrant, un soir, après une violente dispute de ma part pour savoir ce qui se passait, ma mère m’a avouée d’une voix blanche, qu’elle était morte.
Le coup est tombé comme une enclume sur mes épaules.
Je savais qu’avec elle, tous mes espoirs de famille venaient de s’envoler. Mon père m’a clairement annoncé qu’il me garderait dans l’ignorance concernant tout ce qui se passerait pour eux, et il a tenu parole. Si l’un d’eux mourrais, je ne le saurais même pas. Je ne sais pas si ma cousine et mon grand père, à la santé fragile, sont encore en vie. Mon demi frère m’a envoyé un message sur facebook tentant de me faire revenir en me disant qu’il avait maintenant deux enfants, que ma demi soeur était enceinte et qu’il aimerait reprendre contact. Mais contrairement à mon frère, je n’ai jamais répondu. Preuve étant faite de manipulation grandmèriesque que je ne l’ai jamais véritablement connu et qu’il ne m’a pratiquement jamais parlé.
Il savait que je penserais tout de suite à ses enfants.
Que je ne voudrais pas « qu’eux aussi grandissent sans avoir de famille »
Mais ils les ont, eux.
J’ai donc passé mon enfance seule.
Seule dans ma vie privée, mais seule aussi dans mes premiers pas vers la vie extérieur. J’étais seule dès la maternelle, constamment repliée dans un monde qui n’était pas le mien. Je ne savais plus qui j’étais, mais dans ce monde, je m’étais forgé une véritable identité. J’étais la aussi transparente pour les autres. Si dans un premiers temps, cela m’a blessé, ce sentiment à ensuite laissé place à une complète indifférence, voir même à un mépris profond pour l’être humain lui même. Autrui, me laissait de marbre.
J’étais beaucoup trop enclin à lutter contre moi-même. Une lutte désespérée. Outre la douleur, une part de moi ne cherchait qu’une chose : se détruire encore plus. Avez-vous déjà pensé, pendant la récréation de l’école primaire aux différentes façons de vous taillader les veines de façons tout de même à ce que cela paraisse artistique ? Je crois que j’étais la seule à m’interroger sur ce genre de chose, la seule à les connaître tout court. Au fur et à mesure que je grandissais, j’étais de plus en plus renfermée sur moi-même, et tout aussi transparente aux yeux des autres.
Il a fallu attendre mes 9 ans, et surtout les deux semaines passées avec ma tante pour que je puisse comprendre le sens du mot amitié, celui-ci étant personnalisé par une seule personne : Barbara. Elle était comme ma sœur ; la première personne à pouvoir faire disparaître momentanément la violence qui me rongeait tout en faisant ressortir la petite fille qui était en moi. Un an après, un autre déménagement, et je n’ai plus jamais eu de nouvelles.
Mais forte des mes idéaux, j’ai essayé de m’ouvrir aux autres. Si cette résolution m’a permis de rencontrer mon meilleur ami, Yan , perdu lui aussi suite au déménagement orchestré par mon père pour fuir notre famille, elle a aussi ouvert les portes de mon enfer personnel.
Moqueries, dégoût, harcèlement par le plus grand nombre mais surtout
Confiance et trahison.
C’est l’un des plus vieux jeux au monde. Pourtant à force d’y jouer, on finit par en ressortir complètement vide. J’étais au bord du gouffre, quand le destin a abattu sa dernière carte. Je ne le montrais pas, j’avais même deux amies, j’étais bonne élève, j’étais aimée du corps enseignant, en apparence j’aurais presque pu paraître heureuse. Mais ça n’était pas le cas.
Après 15 ans à me battre contre moi-même, à me haïr, à ignorer qui j’étais, anéantie par les trahisons en séries qui étaient survenues l’année précédente, j’avais l’impression que mon cœur avait été battu à mort.
Je ne croyais plus en rien, je ne me voyais aucun avenir, et surtout, je n’en voulais pas moi-même. Le constat était amer, et douloureux, ma famille me manquait. S’en suivait un autre, encore plus dur, ils me manquaient mais ne m’avaient jamais aimée. Et d’autres constats s’ajoutaient, encore et encore.
C’est à ce moment que j’ai rencontré R . Pour ceux qui ont eu le courage de lire jusqu’ici, et surtout ,qui sont venus sur ce blog de manière régulière, cela doit sûrement vous rappeler quelque chose. Romain, de son prénom.
Romain, est l’origine de ce blog. C’est lui, ou plutôt sa perte, qui m’a poussée à le créer. Romain, a été le tournant de ma vie.
Je l’ai rencontré la veille du brevet. Immédiatement, j’ai sentie qu’il allait marqué ma vie je ne savais pas de quelle manière cependant, mais j’ai sentie que tout allait ce jouer sur cette note, cette note et pas une autre.
La confiance que j’ai accordée à Romain était totale. Irrémédiable. Et surtout, parfaitement naturelle, contrairement à toute les autres fois. Il n’était pas extraordinaire, pourtant je sentais qu’il cachait quelque chose, quelque chose de fort qui allait décidé de ce qui allait arrivé par la suite. Romain a été mon premier amour, même si je ne l’aimais pas vraiment. Il a été mon premier baiser, le premier que j’ai laissé approché, le premier à me voir pleurer sur « give me a reason » de Portishead.
I’m so tired, of playing
Playing with this bow and arrow
Gonna give my heart away
Leave it to the other girls to play
For I’ve been a temptress too long
Just…
Give me a reason to love you
Give me a reason to be a woman
I just wanna be a woman
From this time, unchained
We’re all looking at a different picture
Throught this new frame of mind
A thousand flowers could bloom
Move over, and give us some room
Give me a reason to love you
Give me a reason to be a woman
I just wanna be a woman
So don’t you stop, being a man
Just take a little look from our side when you can
Sow a little tenderness
No matter if you cry
Give me a reason to love you
Give me a reason to be a woman
Its all I wanna be is all woman
For this is the beginning of forever and ever
It’s time to move over…
Personne n’a compris pourquoi je m’étais effondrée ce soir la à l’entente de cette chanson, il n’y faisait pas exception, et pourtant…
Romain m’avait fait deux promesses, que je ne lui avait jamais demandé. La première, d’être la quoi qu’il arrive, la deuxième de ne jamais me faire de mal. Doux poison qui s’instille dans vos veines, quand vous vous mettez à croire en quelqu’un. Quand vous vous surprenez à rêvez, à imaginer un avenir dans lequel vous ne seriez plus seule face à vous-même, un avenir ou vous ne seriez pas sous la menace du temps de la trahison et de la mort. Sans explications apparentes j’ai repris le goût à la vie. J’ai réappris à sourire, à rire, et je l’ai même aimé, cette vie, pour la première fois.
C’était maintenant ou jamais. C’était le goût de la dernière chance. Le goût du bonheur jadis inconnu qu’on arrive presque à toucher. Le goût de l’interdit et du danger grandissant que l’on se plait à ignorer pour profiter de chaque millième de secondes.
Et puis un certain 27 Juillet 2006, tout à basculer. Un sms, froid sans même s’importuner de marques de politesse.
Je ne sais pas ce qui a fait le plus mal.
Le fait de savoir qu’il m’avait mentie, trahie, et souillée, ou le fait de savoir qu’il ne respecterais jamais ses promesses, et de sentir la violence qu’il avait enfermée ressurgir avec une force à en déchirer le cœur.
Le deuxième.
Je me souviens que sous la force de cette douleur sombre venant de moi-même je me suis effondrée comme une poupée de chiffon sur le sol. Je me suis évanouie quelques instants, avant de trembler, de convulser, de pleurer et de crier en mordant dans ma propre chair. La première crise de tétanie d’une très, très longue série. Je n’avais plus le contrôle de moi-même. Je me souviens m’être approchée du balcon, en rampant, et pour la première fois il n’y avait plus de duel. C’était la douleur et l’appétit de destruction qui me guidait, et me disait « saute, finis en ». J’étais emportée par quelqu’un que je ne connaissais pas, quelqu’un qui menait mes pas vers la rampe et me susurrait ses mots à l’oreille tout en me répétant combien je ne valais rien et combien j’étais insignifiante, même pour elle.
Je ne savais pas pourquoi à l’époque, mais une fois sur la rampe, je ne l’ai pas écoutée. J’ai fait marche arrière et je suis retombée lourdement sur le balcon et je me suis traînée sur le lit. Pendant deux ans, j’ai fais une dépression. Je faisais jusqu’à 5 crises par semaines, et j’avais peur de mourir à chacune d’entre elle. C’est pour cette raison, que j’ai commencé à me mutiler. J’ai voulu quitter un enfer pour un autre, en pensant que celui-ci, j’arriverais à le contrôler. Je n’ai jamais réussi. J’ai fais trois autres tentatives de suicides, infructueuses. La violence avec laquelle j’éprouvais le besoin et l’envie de me détruire réduisait la moindre fibre de ma volonté à néant. Je n’étais plus que peur, et fuite.
A partir de ce jour, j’ai porté un masque. Un masque qui ne laissait rien entrevoir de moi-même. J’étais quelqu’un d’autre, à la demande. Une garce pour la plupart, froide, sadique, menteuse, manipulatrice et sans cœur. Pour d’autres un ange, sensible et torturée, mais toujours la pour les autres, comme si, a travers eux, elle essayait de se purger elle-même.
Mais personne n’a jamais compris, que l’un n’allait pas sans l’autre, et que j’étais les deux à la fois. Personne, sauf lui.
J’ai mis 3 ans avant d’arriver à vivre avec ce qui c’était passé. Je ne l’ai jamais oublié. Ce que je n’avais pas prévu, c’est que quelqu’un d’autre parvienne à aller la ou lui c’était arrêté, à savoir à me cerner. Jean. J’ai beau être un oxymore assez étoffé, je crois que c’est lui le plus accomplie que j’ai pu rencontré. Entre ce qu’on est et ce qu’on se force à être, pour être accepté dans son cas, il y avait un fossé énorme. J’ai tout fais pour le combler, mais je n’ai pas réussi. Mais son échec réciproque, lui a été fatal. Si aujourd’hui je vis en paix avec son souvenir, les conséquences de sa venue dans ma vie, elles, s’avèrent être un cauchemar pour ceux qui essayent d’y entrer.
J’étais déjà une antithèse passionnée avant lui, après lui, je suis devenue une antithèse inaccessible puisque indéfiniment passionné. En d’autres termes, la médiocrité sentimentale m’indiffère. Certain me pense sans cœur, étant donné que je ne laisse aucune chance a ceux, charmés, qui voudrait y rentrer. Mais je ne fais pas de demi mesure. J’ambitionne une flèche d’acide qui anesthésierai la violence induite par le duel perpétuel qui s’est établit depuis mon enfance. Combler une part de moi sans l’autre est impossible, par conséquent, c’est l’oxymore en lui-même qui doit être visé. Mais comment atteindre ce que l’on ne peut pas voir ?
J’ai toujours ignoré la raison profonde pour laquelle je vivais, avant de voir ma tante tomber elle aussi. Aujourd’hui, cette raison m’apparaît comme évidente, mais non moins compatible avec la vie elle-même. C’est bien connu, désirer toujours ce que l’on ne peut pas avoir.
Dans mon cas, ce désir ultime c’est une famille.
Et ma vie, sera toujours lié à ce pan de l’histoire qui a mal tourné. Vivre pour des morts, pour un partage qui ne pourra plus jamais avoir lieu, pour un sentiment que l’on aura plus jamais la possibilité de voir. Un sens si fragile, et si fort en même temps, parce qu’en dépit de tout il m’a conduit jusque la. Je ne saurais jamais si mon grand père et ma tante sont fiers de ce que je suis devenue. Je ne saurais jamais si tout va bien pour eux et pourtant lorsque qu’on me demande de faire un vœux c’est la première chose qui me vient à l’esprit. C’est aussi injuste quand on y pense pour tout les vivants qui on su trouver leur place à mes côtés. Mais c’est quelque chose qu’ils doivent accepter.
Vivre pour des morts et pour un acte impossible à réaliser. Quoi de plus dur ?
Et pourtant la boucle est bouclée. Ils vivaient pour elle, me délaissant moi,et moi je vis pour deux souvenirs enterrés, délaissant ceux qui partagent ma vie.
Je ne serais jamais loin de Patricia, quoi qu’il arrive. J’ai reproduit inconsciemment le chemin qui m’avait détruit autrefois face à elle et face à la vie. Vie que j’ai appris à aimer, par ailleurs. Je ne serais jamais loin de la peur de finir comme elle, tout en sachant que la ressemblance est toujours présente. Mais je m’accroche comme une bouée au changement, au vert qui est bien loin du bleu. Le vert, symbole d’espoir.
Pendant 19 ans, j’ai tue son nom, et avec elle les véritables raisons qui me tenaient à l’écart la Vie. La vie avec un grand V. Patricia. Si j’ai peur de l’amour, de l’attachement, et de tout ce qu’y s’y rapporte, ce n’est pas à cause de Jean, ou de Romain, ou de tout ce qui a pu arriver même si cela à finit par y contribuer. Une des plus grandes erreurs de l’homme, confondre causes et conséquences.
La peur à son paroxysme peut nous forcer à détruire quelque chose avant même qu’il soit créé. Non si je m’en tenais à l’écart, c’est parce que j’avais peur. C’est parce que l’amour, ainsi que la vie ont eu raison d’elle.
La même force de caractère, le même goût de la liberté, la même indépendance, le même attrait pour l’art, la même attirance pour la passion sentimentale, la même complexité et la même incapacité des autres à la comprendre, le même désir de fuir sa vie et de fuir le monde.
Au fond, fuir la vie, fuir les autres pour se fuir soi même. La fuir elle par conséquent…
Je serais toujours la seule personne que je connais à craindre comme la peste le mois de décembre. J’aurais toujours ce reflex de regarder vers la porte avant de descendre comme si j’allais les voir débarquer complètement différents par un miracle. J’aurais toujours le sentiment qu’on me laboure le cœur lors de mon anniversaire, de la veille de noël et du nouvel an et je serais toujours au bord du gouffre ces jours là. Je serais toujours révulsée par l’alcool, la drogue et la cigarette, pour eux. Je serais toujours révulsée par la seule mention d’une promesse et j’aurais toujours envie de fuir au bout du monde lorsqu’une des ses conneries aura été prononcée. J’aurais toujours peur de finir comme Elle, une peur ultime, véritable phobie. J’aurais toujours peur de me regarder dans un miroir. Je serais toujours en train de rire et de sourire même quand tout va mal, et que je pleurs de l’intérieur. Je n’identifierais jamais mon reflet comme le mien. Je serais toujours coupée en deux. Je ne serais jamais véritablement quelqu’un de bien, et j’aurais toujours envie de détruire mon monde ainsi que moi-même.
Mais je ne me dirais jamais que c’est de leur faute. Toutes les fois ou j’ai joué avec des garçons, toutes les fois ou je mens et manipule mon monde, toute les fois ou je prend du plaisir à faire souffrir mon entourage souvent même gratuitement. La plupart des gens qui font des conneries mettent ça sur le compte de leur passé, plus ou moins rose. La bonne excuse. Que l’on décide d’être un connard ou un type bien cela ne vient que de nous et de personne d’autre. C’était moi qui manipulais tout ceux qui m’approchaient en seconde pour les briser ensuite. C’était moi qui semait la zizanie dans le groupe en terminale, jouissant de voir la destruction se profiler et les masques se lever. C’était aussi moi qui me suis acharnée à détruire Jean pendant 4 mois en me réjouissant de le voir blessé. C’était moi aussi, qui, cette année, à passé une soirée a dansé avec 4 garçons inconnus dont les pensées étaient plus qu’explicites, par pure vengeance contre moi-même et par pur instinct de non conservation personnel. C’est aussi moi qui passe mon temps à mentir et à manipuler les gens. Moi qui souhaite faire souffrir ceux qui m’approchent juste par envie de les voir agonisant à terre pour les laisser crever. Je ne serais jamais un ange. Mais c’est uniquement parce que je l’ai choisi.
Une personne m’a dit en seconde, que c’était très dur de se reconstruire sur du sable, mais pas impossible. C’est ce que j’essaye de faire maintenant. Je ne pourrais jamais oublier ce qui aujourd’hui, est mon passé. C’est cela qui m’a donné mon identité. Même si je ne sais toujours pas qui je suis. Je ne pourrais jamais faire comme si une partie de moi n’était pas profondément sombre et néfaste que se soit pour moi-même ou pour les autres. Je ne pourrais jamais faire comme si j’étais une personne stable et entière, puisque je serais toujours coupée en deux. Ce que je peux faire en revanche, c’est essayer de vivre avec tout ça.
Je ne suis pas du genre à croire aux happy ends. A vrai dire, j’ai toujours pensé que si j’atteignais 16 ans, se serait un miracle. Mais je vais en avoir 19 bientôt. Dans un an, je quitterai mes parents, ainsi que mon frère pour mes études certes mais aussi et surtout dans l’objectif de refaire ma vie. Je ne sais pas ou l’avenir va me mener, et honnêtement, je m’en fiche.
Je vis l’instant présent, sachant pertinemment que du jour au lendemain, je suis susceptible de tout perdre.
Si j’ai compris une chose c’est que quand on a déjà tout perdu, on a de la chance. Parce qu’on a plus rien à perdre et tout à gagner. Autrement dit, aucune raison d’avoir peur, toutes les raisons d’avancer. Quand on a regagné quelque chose en revanche… On se retrouve dans ma situation, à sans cesse peser le pour et le contre avant d’avancer. A devoir accentuer la lutte qui nous ronge pour contenir l’instinct de destruction qui menace à tout instant de tout foutre en l’air.
Le passé est ce qu’il est, irréparable.
Pourtant, j’ai toujours ces phrases dans la tête, et ces quelques mots que j’aimerais un jour entendre, à raison.
I know you suffered
But I don’t want you to hide
It’sSoothe cold and loveless
I won’t let you be denied
me
I’ll make you feel pure
Trust me
You can be sure
I want to reconcile the violence in your heart
I want to recognize your beauty is not just a mask
I want to exorcise the demons from your past
I want to satisfy the undisclosed desires in your heart
You trick your lovers that you’re wicked and divine
You may be a sinner
But your innocence is mine
Please me
Show me how it’s done
Tease me
You are the one
I want to reconcile the violence in your heart
I want to recognize your beauty is not just a mask
I want to exorcise the demons from your past
I want to satisfy the undisclosed desires in your heart
Please me
Show me how it’s done
Trust me
You are the one
I want to reconcile the violence in your heart
I want to recognize your beauty is not just a mask
I want to exorcise the demons from your past
I want to satisfy the undisclosed desires in your heart
Ces phrases qui me disent que tout ne fait que commencer.
« Il faut être soi-même pour pouvoir aimer. »
« Il faut croire que la plus grande inconscience de l’homme, c’est celle de sa propre vie. »
« On rêve d’un idéal, on le prie, on l’appelle, on le guette, et puis le jour où il se dessine, on découvre la peur de le vivre, celle de ne pas être à la hauteur de ses propres rêves, celle encore de les marier à une réalité dont on devient responsable.»
They corrected my heart…
Rf@D
J’ai surement laissé filer un certain nombres de fautes étant donné la longueur de cet article, je m’en excuse.. Les citations viennent de et si c’était vrai & Ou es tu de Marc Levy, ainsi que de Mal de pierre de Milena Agus. Undisclosed desires de Muse bien évidement. La photo vient du blog de Fall for him, tout comme la toute première citation. Voilà, je crois que je n’ai plus rien à rajouter…
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